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La Possible Impossible Maison

La Possible Impossible Maison

  • Trina - La Possible Impossible Maison

ça déménage!

Le TNG qui aime les projets artistiques remuants reçoit « La Possible impossible Maison », premier spectacle pour le jeune public d’un collectif anglais plein d’idées, Forced Entertainment : ça déménage!
Ils sont deux sur la scène et, que les enfants se rassurent, ils s’expriment en français. Fort heureusement d’ailleurs car les dialogues qui s’enchaînent à vive allure et le plus souvent dans le plus grand désordre, sont  particulièrement savoureux. Tandis que Alain Borek tente de raconter l’histoire, un rien emberlificotée, de cette Possible impossible maison (c’est lui l’acteur principal), Judith Goudal se charge des bruitages et de la fabrication « maison » des images concoctées par l’artiste Vlatka Horvat. Si elle peut apparaître comme le faire-valoir de son acolyte, elle est en réalité bien indisciplinée et c’est elle finalement qui tire les ficelles. La voici donc jouant du synthé à la manière d’une dactylo de l’ancien temps tout à fait synchrone avec cette histoire qui fleure bon les livres de fantômes et autres vieilleries. Mais les seconds rôles ne lui conviennent pas : sous un prétexte ou un autre, elle interrompt son partenaire sans arrêt, pour demander la permission de faire ça ou ça, pour ajouter son grain de sel ou souffler comme une malade dans sa trompette rouge vif. Pour la plus grande joie des enfants qui se reconnaissent en son impertinence.
Alors, l’histoire… elle ne tient pas debout, elle n’a ni queue ni tête, pas plus que la maison. Cette dernière apparaît projetée sur de grands morceaux de carton que notre bonimenteur commente, dessinée d’un trait malhabile, comme la petite héroïne de l’histoire, les couloirs qu’elle arpente, les portes qu’elle entrouvre, les personnages qu’elle rencontre. Ceux-ci paraissent tout droit sortis d’Alice au pays des merveilles tant le spectacle se moque de la vraisemblance : il y a l’araignée qui a disparu des pages où elle était enfermée, la souris qui découvre les joies du chewing-gum, le fantôme qui fait « même pas peur », les soldats de bois qui n’ont rien de plus pressé que d’aller danser dans l’immense salle de bal (dessinée sur carton évidemment).
Nos deux comédiens connaissent leur métier comme leur poche et savent utiliser toutes les recettes de Guignol: ils créent une interactivité permanente avec les enfants qui n’en demandent pas davantage. Mais ces derniers prennent aussi une belle leçon de théâtre où tout n’est qu’illusion créatrice de rêve.
Un très joli spectacle qui a déjà beaucoup tourné partout en Europe mais dont les créateurs ont promis qu’ils reviendront…
Trina MOUNIER
 Crédit photo: © Samuel Rubio

Trina

5 février 2018

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