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Charlotte Perriand ou l’art de vivre à la montagne : Expo à Paris sur l’architecte et designer

Charlotte Perriand ou l’art de vivre à la montagne : Expo à Paris sur l’architecte et designer

Elle se dresse, torse nu, les bras levés au ciel, face à l’immensité des Alpes, un collier de boules d’acier autour du cou. La superbe photo noir et blanc illustre l’affiche de l’exposition «Le monde nouveau de Charlotte Perriand », à ne pas manquer avant le 24 février à la Fondation Vuitton, à Paris. Vingt ans après sa mort, toute la modernité de cette infatigable créatrice se révèle à travers les photomontages, meubles, objets de décoration et réalisations architecturales qui ont marqué sa longue carrière. Les œuvres de Calder, Léger ou encore Picasso ponctuent le parcours pour rappeler la culture, la curiosité et l’ouverture d’esprit d’une femme libre, aux yeux toujours grands ouverts sur les artistes les plus stimulants de son époque. Sûre de son talent, elle bouscule les codes et les conventions dans un monde encore très machiste. Le Corbusier comprendra vite qu’elle n’est pas du genre à jouer les potiches mais qu’elle entend prendre toute sa place dans les projets qui leur seront confiés. Ils se respectent, se chamaillent, se stimulent mutuellement, mais les débats sont vifs.

Une mère Bourguignonne et un père Savoyard lui ont donné très jeune le goût du sport et de la nature, même si elle grandit à Paris. Elle ne perd pas une occasion de s’échapper en montagne pour pratiquer le ski et l’alpinisme. Un loisir, mais pas seulement. Charlotte Perriand découvre les mutations profondes d’un territoire qui s’ouvre au tourisme. Elle écoute, observe, dessine, invente. Elle rêve d’une montagne accessible à tous, résolument moderne. Sa réalisation emblématique restera Les Arcs, que lui confie en 1967 le promoteur Roger Godino, avec ces immeubles en cascade qui épousent la pente. L’aventure sera périlleuse, les difficultés nombreuses et les remises en question permanentes, mais la station savoyarde deviendra une référence internationale. Cinquante ans plus tard, on peut regretter le manque d’unité entre les différents étages : Arc 1600, 1800, 1950 et 2000. Elle l’a aussi déploré, constatant sans surprise que les impératifs économiques passaient avant le pari esthétique. Ce qui n’empêche pas d’apprécier l’ingéniosité avec laquelle elle a su imaginer les aménagements intérieurs, avec ces fameuses salles de bains-cabines fabriquées en série.

Moins connu, son refuge-tonneau imaginé en 1938 avec Pierre Jeanneret est une des grandes curiosités de l’exposition. Avec ses airs de navette spatiale, il ressemble beaucoup au refuge du Goûter, bien connu des alpinistes qui gravissent le Mont-Blanc. Là encore, Charlotte Perriand a su inventer un nouvel art de vivre et de pratiquer la montagne.

Jacques LELEU

– A voir jusqu’au 24 février à la Fondation Vuitton, Paris 16è. Tel 01 40 69 96 00 (www.fondationlouisvuitton.fr).

– Un portrait de Charlotte Perriand est diffusé en replay sur Arte jusqu’au 11 décembre.

PHOTO : En Savoie, l’architecture des Arcs demeure la réalisation emblématique de Charlotte Perriand Photo J.L

 

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Chris

18 octobre 2019

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