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CYCLOS DE SEMAINE : POURQUOI CENOTAPHES ?

CYCLOS DE SEMAINE : POURQUOI CENOTAPHES ?

Vous avez deviné en posant la question : c’est seulement parce que M O N U M E N T A U X M O R T S c’est trop long et qua ça ne tient pas dans le titre.

C’est vrai que ça n’est pas très gai de faire la tournée des gueules cassées de la Grande Guerre (ou des autres) ; mais ces dernières années il a été difficile de passer à côté.

Que ce soit l’évocation des célébrations du centenaire de la fin de la der-des-der, ou le livre puis le film « Au revoir là-haut », tous deux remarquables, il était difficile d’ignorer ces commémorations auxquelles il faut bien avouer que nous n’avons pas beaucoup participé.

Je me suis donc penché sur le sujet pour m’apercevoir que des universitaires lillois avaient fait un travail colossal de recensement des monuments du monde entier.

Et comme il y en a qui sont de véritables œuvres d’art, ou simplement originales, qu’il y a de temps en temps des histoires savoureuses de chicaïas communales ou politiques autour du choix de tel ou tel élément, j’ai choisi de faire quelques balades pour visiter nos ancêtres poilus à défaut d’être gaulois.

Pour ceux qui veulent aller plus loin

Je me suis inspiré pour mes recherches principalement de deux sources :

– Le répertoire de Lille qui donne commune par commune le détail des monuments, la plupart du temps avec des photos.

Accueil

– Et le travail de la Fondation Renaud, alias Fondation du Patrimoine, qui a examiné les monuments de la région Rhône Alpes et en a sélectionné deux par département qui suffiront aux objectifs de nos balades prochaines :

https://www.fondation-patrimoine.org/fondation-du-patrimoine/rhone-alpes/presentation

Ces cibles ne sont bien entendu que des prétextes à faire des balades dans des coins que, la plupart du temps nous ne connaissons pas.
Une exception cependant, le Monument d’Oran qui a été éliminé de la liste pour des raisons à mon avis spécieuses, et que je réintègrerai dans MA liste.
Deux mots de ce monument :

Dédié aux militaires morts en 14 – 18, il a été élevé à Oran, inauguré en 1927 et s’appelait « Monument de la Victoire ».

Lors du jumelage de Lyon avec Oran (1960), Louis Pradel a demandé et obtenu de la ville d’Oran le rapatriement du monument à Lyon.

Il a donc été inauguré à La Duchère en 1968, après que l’inéffable et très généreux Napoléon Bullkian ait financé intégralement son transfert

ARRIVÉE À “SAINT CLAIR LES ROCHES”

Ne cherchez pas Saint Clair les Roches sur un atlas ou une carte routière ; C’est un terme breveté absolument exclusif à la SNCF, inventé pour que vous ne trouviez pas la gare, surtout pas dans les moteurs de recherche de la SNCF.

C’est le condensé des noms des deux communes : Saint Clair du Rhône d’une part et Les Roches de Condrieu d’autre part

La crasse était cantonnée à l’agglomération lyonnaise. Dès Feyzin dépassée, le soleil a percé l’épaisse couche de brume mélangée au monoxyde de carbone, aux oxydes d’azote et au dioxyde de soufre. Sur le haut des Roches de Condrieu cela nous vaut une belle échappée sur le pont de Condrieu, reconstruit en 1944 à l’identique de celui de 1832.

L’église de Saint Prim se trouve là depuis le x° et le xi° siècle pour ce qui concerne le chœur et le transept. Elle a été « relookée » par un artiste contemporain, Claude Rutault qui lui a donné sans aucun doute une seconde jeunesse.

Et il est vrai que lorsque l’on essaie d’imaginer ce que pouvaient être les veillées au coin du feu du Moyen âge comparées aux soirées télévision du xxi° sècle, on doit avoir quelque chose comme ça.

L’originalité tient à l’utilisation très séduisante de la couleur, au remploi judicieux de la statuaire en plâtre sulpicienne sans prétention, et au baptistère re-créé sous forme de piscine

Les habitués de la lecture d’Openrunner apprécieront la progressivité très relative du démarrage du parcours tel qu’il ressort du logiciel de cartographie

Ci-joint les 2 premiers kms

Retour aux sources pour le baptistère

Le baptistère retrouve son état originel de piscine dans laquelle descendaient les candidats au baptême. Les jours de baptême le canal qui traverse l’église en provenance de la sacristie (couvert par une plaque de verre), remplit la piscine jusqu’à la première marche.

Toutes les surfaces sont peintes de couleur claire ; les vitraux translucides sont doublés à l’intérieur par des stores de couleur laissant passer la lumière ; le mobilier est peint de la même couleur que les murs ; l’autel et les tabourets des servants sont ronds avec des pieds rayonnants de manière à couper le moins possible la perspective

CHONAS L’AMBALLAN

La construction du château remonte au xi°s siècle. Forteresse au Moyen Âge, habitation à la Renaissance, défensif lors des guerres de religion, il pouvait abriter 500 hommes d’armes et 250 chevaux. Mais tous les protagonistes ayant disparu, nous nous bornerons à retenir qu’il a été racheté par une société de promotion annécienne, la SOGIMM et transformé en co-propriété usage mixte habitations & entreprises.

Reconnaissons lui le mérite d’avoir laissé l’accès libre à la partie basse du jardin, ce qui permet de voir le beau bâtiment rénové sous différents angles

AYSINIS-PINET-PINETO

Eyzin-Pinet n’est pas un récent regroupement de communes. Son nom-composé rappelé en titre date de 1080.

Deux aqueducs partaient des sources de Eyzin pour alimenter Vienne.
Dans la généreuse descente vers le bourg, nous nous arrêtons à la tour qui émerge de la cîme des arbres. C’est tout ce qui reste du château-fort du xiii°s.

Mais Eyzin-Pinet (2.200 âmes en 2015) est aussi un bourg dynamique puisque le dernier bulletin municipal nous apprend que malgré les canicules de l’été, on a inauguré sur la commune :

– un chauffage urbain pour relier entre eux les bâtiments municipaux,
– une sixième classe à l’école élémentaire
– un pôle-santé pour une dizaine de professionnels,
– l’aménagement d’un parcours-santé sur la RD 41
– le démarrage des études pour la construction d’une EHPAD

– l ‘ouverture de la boutique de Aurélie Moulin, tatoueuse professionnelle qui participe aussi à des championnats vitesse de moto sur piste.
https://www.facebook.com/search/str/horitsuna+nakasi/keywords_search

L’EYZIN, Tabac-Presse-Bar-Pmu nous accueille pour arroser notre casse-croute, et nous sommes surpris par le monde qui s’y trouve en ce Dimanche de Novembre.

Pas de tiercé spectaculaire, juste un Dimanche ordinaire avec les habituelles courses de trot et galop.
Avec ce monde là, pas de doute que la tatoueuse fera sa clientèle.

LA FORÊT DE BONNEVAUX

Nous entrons maintenant dans la forêt de Bonnevaux de surface comparable à celle du domaine de Chambord (6.000has); elle a été à l’origine créée par les Cisterciens autour de l’abbaye que l’on nommait la 7° fille de Citeaux.
A la Révolution elle avait huit filiales : Mazan, Montpeyroux, Tamié, Léoncel, Valmagne, Valcroissant, Ulmet, Sylveréal et Valbenoîte.

Vendue comme bien national, elle fut achetée vers 1830 par des notaires qui la vendirent comme carrière de pierres et gardèrent les bois.

Un très beau circuit pédestre de la forêt de Bonnevaux a été diffusé par l’association Mémoire de Bonnevaux ; nous allons explorer dans les semaines qui viennent son degré de confort pour les deux roues.

Chasseurs de cols

J’ai oublié de vous dire que j’étais accompagné par deux chasseurs de cols chevronnés qui avaient bien l’intention de ne pas laisser passer le « Grand Devez » que vous ne connaissez probablement pas, car pour l’atteindre il faut, soit passer par une route très roulée par les polueurs de tout poil, ou bien passer sur un chemin que même en fonction « suivi de route gravel », openrunner m’a refusé de tracer

Le Moulin de Nantoin

Le moulin de Nantoin construit à la fin du xix°s moulait (oui, j’ai vérifié) du blé pour la vallée.
Son originalité tient au fait que son approvisionnement en eau se fait par une retenue qui se trouve en contre-haut de l’autre côté de la route, puis passe une conduite sous la route, grâce au principe des vases communicants magistralement mis en pratique par les romains pour l’aqueduc du Gier.

Le tuyau d’arrivée est camouflé par du lierre et bien visible sur la photo.

La roue métallique qui est une « roue de dessus » est d’une dimension exceptionnelle : 10m de rayon et 1m de large. Ce sont des augets qui recueillent l’eau de la conduite et mettent en mouvement les axes qui, par renvois coniques, actionnent les meules.

Les terres froides, c’est par là ?

Dès que l’on évoque ce secteur isérois de l’Est lyonnais, il vient à l’esprit le terme de « terres froides », il faut donc demander leur avis aux autochtones.

Les gens de Chirens vous disent «c’est juste à côté, sur la commune de Charavines » ;
Les habitants de Massieu vous répondent « On est juste à la limite, mais Apprieu est en plein dedans » ; c’est que la délimitation des zones de terres froides est complexe.

Et en définitive, grâce aux recherches de J.P.des Monts, on finit par savoir (je vous le fais en résumé) que les terres froides se trouvent dans un trapèze délimité par une petite base Lyon – Lagnieu au Nord, une grande base Valence – Voiron au Sud, à l’intérieur duquel seuls les secteurs dans lesquels la vigne ne pousse pas droit à l’appelation « Terres froides ».

La carte jointe à l’étude de Mr Pierre Carré est plus explicite si vous parvenez à la lire. (les zones viticoles sont représentées en grisé)

Châbons, Première curiosité, le monument aux morts

C’est un monument très original pour la région. Tout d’abord, il ne comporte pas de soldat, mais une sculpture de femme (très élégante sculpture), qui écrit sur un pilier commémoratif de type colonne.

En second lieu, c’est un monument qui honore la mémoire des soldats de 4 conflits différents : 1870 – 1918 – 1945 – 1962 (Algérie). C’est aussi la raison pour laquelle ne figurent pas d’évocation de victoire parmi les accessoires rajoutés, mais uniquement une croix de guerre qui a été attribuée dans tous les conflits.

La dédicace, que la femme vient de terminer d’écrire, est classique et évoque l’hommage fait par la commune aux soldats ; elle est suivie d’une épitaphe prudemment pacifiste :

«Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère »

Enfin, sur la face Est du monument se trouvent les plaques émaillées avec le portrait de 36 poilus de la guerre de 14 – 18
L’ensemble est superbement entretenu, très bien mis en valeur dans une patte d’oie à l’entrée de la commune.

Mais il y a aussi le Moulin du Ruy

Et ça aussi, si vous êtes en vélo, c’est un évènement. Vous commencez par une descente à 20% en direction de la Bourbre, vous tombez ensuite sur un mur sur lequel les cultivateurs locaux ont laissé des coings à disposition pour que chacun se serve pour ses confitures, et vous découvrez ce bijou de petit moulin en cours de restauration, qui, j’espère, reprendra du service avant qu’il ne se trouve plus personne pour tailler des meules..

Mais l’évènement dont je vous parlais au début, c’est lorsqu’il faut remonter juste avant de prendre le train !

Au lieu-dit hameau de la Combe, encore tout en bas presque au bord de la Bourbre, se trouve une maison assez extraordinaire :

On l’appelle la ferme Durand du nom de son actuel propriétaire.

Elle a été construite au xvii° s par un bourgeois lyonnais dénommé Pierre Guiges

Puis elle a passé par alliances aux mains de M. Rabatel qui y exerça ses fonctions de mèdecin-chirurgien. (le silence des lieux est pratique pour opérer).

Le fermier qui exploitait les terres a alors acheté la ferme, et l’a laissée en héritage à sa descendance au nombre de laquelle se trouve Monsieur Durand l’actuel propriétaire et habitant.

C’est une maison typiquement dauphinoise entièrement en galets de la sole à la charpente

« Haut chapeau et fortes bottes ».

Elle a été le siège d’une fiction intitulée Big Jim, tournée par France 3 en 2009.
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https://www.openrunner.com/r/9279624

CYCLOS DE SEMAINE

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Chris

16 novembre 2018

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