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« EFFACER L’HISTORIQUE », le nouveau film de Benoit DÉLÉPINE et Gustave KERVERN

« EFFACER L’HISTORIQUE », le nouveau film de Benoit DÉLÉPINE et Gustave KERVERN

Vous le savez sans doute B.Delepine et G.Kervern sont parmi les principaux concepteurs de Groland, ce pays imaginaire dont l’actualité burlesque ravi les spectateurs de Canal depuis plus de vingt-cinq ans ! Ils sont aussi, toujours ensemble, les réalisateurs de quelques films originaux, inclassables, dont «  Louise Michel » ( 2008) et « Mammuth »
( 2010).
Leur dernière production « Effacer l’Historique », qui sort mercredi sur nos écrans, a reçu «  l’Ours d’Argent » de la 70e Berlinale, en février de cette année, juste avant que le confinement fige l’ensemble de l’activité cinématographique mondiale, retardant la sortie en France du film, initialement prévue en avril .
Si l’histoire racontée par le film s’apparente à un conte, sans trop de soucis de cohérence et même parfois de vraisemblance, le scénario est exclusivement composé de faits réels, d’observations cueillies dans le quotidien de chacun de nous, des milles et uns tracas de notre vie de tous les jours de plus en plus dépendante d’ anonymes machines bourrées d’électronique qui régissent de façon tyrannique nos comportements. «  Toutes nos lignes sont actuellement occupées, veuillez patienter un conseiller va …..». La dénonciation est sans appel,
Les traits font mouche à tous les coups, le constat est très noir, quasi désespéré ! Mais l’humour est toujours présent : on rit beaucoup pendant ce film, ce qui n’enlève rien, au contraire, à son efficacité.
Si la mise en scène n’est pas très originale ( on a parfois l’impression que les réalisateurs privilégient le dialogue plutôt que l’image ) l’interprétation est REMARQUABLE ! Denis Podalydès est impressionnant, comme à son habitude, incarnant avec fièvre un être  écorché et candide, naïf et revendicateur, touchant.
Corinne Masiero joue un personnage qui n’est pas sans quelques points communs avec son image publique. Sensible, nuancée, maniant avec finesse l’auto dérision elle est impressionnante de justesse : le monologue de six minutes où elle explique à Podalydes, les larmes aux yeux, son addiction aux séries TV est un moment d’anthologie.
Quant à Blanche Gardin on savait qu’elle excellait dans le «  seule en scène ». On découvre ici qu’elle est aussi une actrice surdouée, qui fait vivre de façon très convaincante son personnage hypersensible et maladroit, entreprenant et – oh combien – vulnérable pour lequel on ne peut s’empêcher d’éprouver beaucoup d’empathie.
Ajoutons à ce superbe trio de remarquables seconds rôles, auxquels toute une série de «  guest » célèbres ( Benoit  Poelvoorde, Vincent Lacoste, Vincent Dedienne, Philippe Rebbot ….et j’en oublie !) apportent beaucoup de vie… Bref un film original et sympathique, drôle et grave à la fois, à ne  pas manquer !

Jean-François Martinon 

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Chris

25 août 2020

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