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Exposition et Cinéma à Chambéry : À la rencontre de Gualino le magnifique

Exposition et Cinéma à Chambéry : À la rencontre de Gualino le magnifique

Chapeau de feutre, nœud papillon, costume-gilet impeccablement coupé. Gualino le magnifique. Le titre choisi pour l’exposition qui lui est consacrée au musée des beaux-arts de Chambéry correspond parfaitement à l’image que veut renvoyer ce prince des arts au début du siècle dernier. Industriel, financier, mécène, collectionneur, Riccardo Gualino (1879-1964) incarne mieux que quiconque la classe et la distinction à l’italienne.

L’exposition a été réalisée par les musées royaux de Turin avec l’aide des principales institutions propriétaires de la collection Gualino. Chambéry célèbre à son tour cette figure avant-gardiste du monde économique et artistique italien jusqu’au 22 mars. Après Turin, voilà une occasion unique de s’inviter dans les salons de l’homme d’affaires le temps d’un parcours en plus de cent œuvres, qui s’ouvre sur des chefs d’œuvre des XIV, XV et XVIè siècle. Des peintures religieuses de toute beauté mais aussi un très mystérieux Véronèse qui passionnerait un psychanalyste. La suite permet aussi de mesurer le goût du collectionneur pour la peinture de son siècle.

Gualino accorde une confiance totale à un grand historien de l’art qui le guidera dans ses achats à travers l’Europe, qu’il s’agisse de peinture, de photographies ou de pièces rares d’Asie et de l’Egypte antique. Quand il ne travaille pas, il invite des amis dans un de ses deux théâtres, où danse notamment son épouse. Il aime aussi passer d’un château ou d’une villa à l’autre, sans oublier les croisières à bord de son voilier. La vie rêvée d’un capitaine d’industrie pour qui l’argent sert à s’offrir ce qu’il y a de plus beau. Mais le krach de Wall-Street puis l’arrivée de Mussolini vont mettre un terme à cette période dorée. Le Duce n’apprécie pas sa critique de l’économie fasciste et l’exile.

Gualino rebondit. En 1932, il découvre le cinéma français et américain à Paris. Le début d’une nouvelle carrière de producteur. Il fonde la compagnie Lux, qui deviendra le plus importante société de production italienne de l’après-guerre. On lui doit notamment Don Bosco, Senso et Divorce à l’italienne.

Ce n’est pas un hasard si la 8ème édition de la Quinzaine du cinéma italien se déroule actuellement. Jusqu’au 3 décembre, au cinéma l’Astrée, elle propose longs-métrages, dont quelques uns produits par la Lux, mais aussi une trentaine de réalisations récentes, dont certaines en compagnie de leurs réalisateurs.

Jacques LELEU

PHOTO : Après Turin, Chambéry a la chance d’accueillir une grande exposition consacrée au collectionneur italien Riccardo Gualino. Photo J.L

 

 

 

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Chris

25 novembre 2019

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