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Le Triporteur des découvertes : ÉPISODE 2

Le Triporteur des découvertes : ÉPISODE 2

  • Triporteur des découvertes - Épisode 2

Le Triporteur des découvertes est une chronique proposée par Trina Mounier, Jean-François Martinon et Marielle Créac’h.

Elle ambitionne de rendre compte régulièrement d’événements qui, sans tenir nécessairement le haut de l’affiche, nous paraissent mériter qu’on en parle.

N’hésitez pas à alimenter cette chronique en nous signalant vos propres coups de coeur…

Infos pratiques :

Orphée et Eurydice

du 6 au 22 décembre
Tarif: 8€ Durée: 1h10
dès 8 ans
La petite taupe
du 27 au 29 décembre
Tarif: 8€ Durée: 35 mn
Dès 3 ans
Théâtre des clochards célestes

Pomme Henriette
le 22 décembre à 18h30
Tarifs: 5 et 10€ Durée: 45 mn

Amphi de l’Opéra de Lyon

Solo
du 14 au 31 décembre
Tarifs: de 9€ à 38€ Durée: 1h30

Théâtre des Célestins

 

Le Voyage de Malenky

ou la grande solitude des migrants racontée aux enfants

 

C’est un très joli spectacle que présente le Théâtre Nouvelle Génération aux petits spectateurs dans sa salle des Ateliers.

La compagnie Traversant 3 suit un petit bonhomme obligé de quitter son pays car les carottes n’y poussent plus à cause de la sécheresse (problème écologique?), ce qui condamne ses moutons à mourir de faim.

Malenky parcourt les siècles tout autant que l’espace car il n’est pas un mais tous les petits hommes que la misère contraint à quitter la terre qu’ils aiment et à affronter tous les dangers.

Les migrations à travers les âges (manière de dire que le phénomène ne date pas d’aujourd’hui), et plus encore les migrants qui arrivent par vagues dans nos villes, voilà un sujet difficile, âpre et complexe.

Il est traité avec infiniment de délicatesse par les trois artistes, Clément Arnaud, comédien, conteur et marionnettiste, Rodoplhe Brun, comédien et plasticien, Ulrich Becouze, musicien. Sur l’écran en fond de scène se feuillette un livre d’images traversé par des marionnettes à tige comme autant de personnages, dont Malenky. On y voit ses difficultés, ses rencontres, ses espoirs et ses déceptions, on comprend que son objectif le plus cher est de retourner chez lui, en compagnie de ses moutons.

Pendant ce temps Rodoplhe Brun et Clément Arnaud fabriquent le film d’animation qui se déploie sous nos yeux. C’est cela le théâtre, semblent-ils expliquer aux enfants. Puis, Clément Arnaud se précipite à cour pour endosser le costume de conteur, métier qu’il pratique à la perfection, précis, généreux dans son rapport avec le jeune public.

L’ensemble compose un spectacle sensible et juste, jamais simpliste, qui va beaucoup tourner dans la région notamment, ce qu’il mérite amplement. Bravo à cette compagnie pour son ingéniosité, son ouverture, sa pudeur aussi. Une très belle réussite.

Quelques images (photos de Jeanne Garraud) :

 

 

Trina Mounier

 

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Hôtel Feydeau

ou la revanche des emmerdeuses

Le TNP invite Georges Lavaudant que le public lyonnais connaît bien puisqu’il en fut co-directeur avec Roger Planchon… Les spectateurs le retrouvent toujours avec gourmandise et cette attente, une fois de plus, n’est pas déçue. L’occasion de s’amuser sans vergogne en assistant à un spectacle éblouissant d’intelligence n’est pas si fréquente…

« Hôtel Feydeau » n’est pas un vaudeville de l’auteur annoncé mais un montage virtuose de quelques-unes des scènes de la vie conjugale particulièrement croquignolesques dont Georges Feydeau avait le secret. Et surtout complètement politiquement incorrectes en ces temps de guerre vertueuse des sexes.

Dans la société régie par des codes rigides et un culte des apparences de moralité que dépeind Feydeau, ce sont les hommes qui sont corsetés par les conventions et les convenances. Dans cet univers, les femmes sont l’incarnation de l’irruption incontrôlable de la nature qui s’exprime à travers les besoins irrépressibles du corps. Elles ouvrent la porte à n’importe qui en nuisette transparente, ont des envies que rien ne permet de tempérer, sont fantasques et imprévisibles, écoutent leurs corps et le montrent, manient avec volupté un verbe qu’elles ont haut.

En un mot elles font voler en éclats la bonne société que leurs époux voudraient représenter et préserver. Et gagnent à tous les coups.

C’est évidemment extrêmement drôle et insolent.

Cette mécanique comique propre à Feydeau est doublée par celle du montage fabriqué de main de maître par le metteur en scène. Au final nous n’assistons pas à un patchwork ou un simple collage mais à une véritable pièce hardie et virevoltante, d’autant plus qu’elle est entrecoupée d’intermèdes chorégraphiques complètement burlesques et un tantinet osées… Où Georges Lavaudant se confirme un immense directeur d’acteurs. Ceux-ci, il faut le souligner, sont d’excellents comédiens qui savent tout faire, et notamment danser et chante. Citons tout particulièrement André Marcon, Marie Vialle ou Manuel Le Lièvre qui nous tirent de granges gorgées de rire.

Un vrai feu d’artifice, un grand moment de plaisir et de joie un rien vacharde, tout ce qu’on aime!

Trina Mounier

 

 

 

AuraOne

16 décembre 2017

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