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Kitchen blues

Kitchen blues

  • Trina - Kitchen Blues

On connaît Jean-Pierre Siméon poète, son goût pour les mythes, pour les mots, en bref pour une littérature assez exigeante. J’étais curieuse de voir comment la comédienne Clara Simpson allait s’emparer  de « Femmes en face d’un homme silencieux » avec la complicité à la mise en scène de Clémence Longy.

Le spectacle s’est joué durant quelques jours au Théâtre de l’Élysée dont nous avons souvent dit les talents de défricheur de talents. Gageons donc qu’il ressortira des tiroirs un jour ou l’autre, c’est tout le mal qu’on lui souhaite !

 

Kitchen Blues : le titre évoque déjà une solitude féminine. Et c’est bien de cela qu’il s’agit: Clara Simpson est seule en scène, pour jouer Clara, seule avec ses rêves, ses fantasmes, ses rôles peut-être aussi. Mais cette Clara n’est pas seulement une femme ordinaire qui s’imagine d’autres existences, elle est aussi elle-même et sans doute toutes les actrices. Le temps d’une petite heure, elle va endosser la tenue (exubérante, sage, élégante, modeste…), le caractère et la prose de sept femmes différentes. Coup de chapeau en passant à la costumière Marie-Lou Meens…

 

Clara Simpson est en effet chacune de ces sept femmes. Face à un homme silencieux dont nous ne connaîtrons ni l’identité ni le visage. L’homme qu’elle aime à qui elle donne la comédie? son metteur en scène? Sa prestation sur scène en tout cas est, comme à l’accoutumée, excellente, rigoureuse, fine, nuancée. Elle incarne réellement toutes ces identités sorties de l’imagination du poète et les fait vivre quelques minutes sur le plateau, sans passé ni futur, sans interlocuteur non plus, mais intensément. Cela a quelque chose de la Petite Fille aux allumettes d’Andersen. Seul élément indiscret qui indiquerait la persistance d’une seule et même femme, la présence de fleurs fraîches, elle-mêmes sept fois renouvelées…

 

Ce texte, très vivant, souvent drôle, parfois touchant, est inattendu chez le poète dont on connaît pourtant l’attachement au théâtre pour lequel il a beaucoup écrit. Apprendre que Kitchen Blues a été écrit spécifiquement pour la comédienne qui partage le même prénom avec le personnage est très éclairant.

C’est un très joli spectacle pour une actrice en sept monologues tous différents et dont le but, sans doute aucun, est de permettre à Clara Simpson de prouver toutes les facettes de son talent. Ce qu’elle réussit avec brio.

 

Trina MOUNIER

Crédit photos : Abigail Jacquier

 

 

Trina

4 février 2018

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